RETOUR… Et après?

Depuis plusieurs semaines déjà, je me plonge dans les récits de « retour de voyage », je parcours les blogs à la recherche de conseils, de trucs et astuces pour rendre l’atterrissage moins dur, d’expérience de voyageurs qui ont du revenir à la réalité après un voyage au long cours et je ne trouve rien, ou en tout cas rien qui ne me rassure.

rivière kwai 12 septembre 2013 134

Mais maintenant, c’est notre tour! Il faut envisager le retour et la fin du voyage.
Car ça y est, nous quittons Melbourne et ce qui a été notre vie durant les 6 derniers mois.
Les chevaux, les réveils à 3h30 du matin, les crottins, travailler dehors peu importe les conditions météo… Dans quelques semaines, nous quittons l’Australie qui a été notre patrie d’adoption durant ces 2 dernières années.
Les vaches, les plaines désertiques, les plages de sable fin, les animaux insolites et fascinants…
Nous reprenons la route, mais cette fois-ci pour de bon!
Pour de bons…?
Tout quitter semblait être une idée complètement farfelue pour la plupart des gens, mais ce que l’on réalise plus difficilement, c’est qu’il est encore plus dur de revenir!
On se pose des milliers de questions. Ai-je tenté de fuir? N’ai-je pas simplement repoussé l’inévitable? Que faire? et la pire de toute « Qu’est ce que je veux? »
Car lorsque l’on réalise que l’on va rentrer, pour de bon, on se retrouve face à toutes ces questions et l’angoisse surgit quand on se rend compte qu’il est impossible d’y répondre.
Un tel voyage est un chemin sans retour. Nous l’avions déjà réalisé après un an aux USA, tu reviens et rien n’a changé, ni les lieux, ni les gens…
Mais tu ne peux pas attendre de tes potes ce genre de choses… Ils sont toujours là, à t’accueillir avec le sourire et une bouteille à la main, ça te suffit pas?
Toi, tu as muri, tu crois avoir tout vu, mais tu ne peux pas attendre ça du reste du monde, c’est à toi de te réadapter, c’est à toi d’apprendre à vivre avec tes doutes. A toi aussi de remettre en perspective tes modes de vie. Mais comment revenir à la vie normal après avoir vécu l’extraordinaire?
Comment se contenter de la trivialité du quotidien, quand tu as réalisé tes rêves les plus fous?
Loin de moi l’idée de critiquer le quotidien, il a ses charmes, mais n’est-il pas possible de vivre une vie extraordinaire, pour toujours?
La vie ne semble-t-elle pas fade, lorsqu’à même pas 30 ans on a vécu l’aventure d’une vie?

J’ai pour le moment, l’impression de ne pas arriver à avoir de projet. Ou alors peut-être que j’en ai trop…
Mais même sans projet réel, je sais maintenant ce que je ne veux PAS.
Je refuse de faire un boulot qui me rend malheureuse juste pour avoir plein de thune, je refuse de pourrir la planète encore plus, je ne veux plus me laisser prendre pour une conne par un gouvernement pour lequel je n’ai pas voté…
Je veux être heureuse, je veux profiter des gens que j’aime, avoir une famille, un endroit « à moi », et pourquoi pas continuer à voyager quelques semaines par an, découvrir le monde, par bribes…
J’ai lu récemment que ma génération était une génération de révoltés dépressifs! Laissons la dépression de côté et révoltons nous alors…

  singapore 24 septembre 2013 82

Je n’ai pas honte de le dire, mais qu’est-ce voyage m’a changé, au plus profond!
J’ai appris à cultiver ma nourriture et à tuer mon steak, j’ai appris à me contenter de peu, j’ai appris à vivre avec rien, j’ai dormis dans des conditions spartiates et vécu dans des conditions encore pire, mais pas une seule fois cela ne m’a dérangé. J’ai même appris à aimer ça.
J’ai travaillé dur, pour pas un centime, j’ai souffert et me suis blessé. J’ai appris, encore et encore. J’ai découvert qu’on pouvait utiliser ses mains plutôt qu’un clavier et une souris.
J’ai ressenti la fierté de travailler avec des animaux et l’amour qu’ils apportent!
2 pantalons, 3 t-shirts, 1 sweat, 1 veste et un bon appareil photo, c’est tout ce dont j’ai besoin pour être heureuse!
Ca et la présence de mon acolyte, mon compagnon de voyage, mon meilleur ami. Ben!

Le retour à la réalité sera dur, mais je ne suis pas seule, on est deux, et on a les potes, qui nous attendent de pied ferme, avec les bouteilles et le saucisson.
(Vous inquiétez pas, on prépare le diaporama avec la musique kitsch et les transitions pourries!)
La famille qui nous a déjà fait savoir qu’il fallait qu’on fasse un tour de France des grands parents, parents, oncles, tantes et autres…
Comment ne pas avoir confiance en l’avenir quand on est aimé par tant de monde?
Comment ne pas vouloir rentrer POUR DE BON, quand on sait qu’à l’autre bout de la planète on a des gens qui nous attendent?

Back on the road 04 juillet 2014 150

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